Qu'est-ce que l'instruction en famille ?

Cet article est la suite de la première partie sur l’instruction en famille, que je t’invite à lire en premier si ce n’est pas déjà fait ! Il a été écrit par Marion du blog Les Enfants Avenir, que nous accueillons sur le blog aujourd’hui pour nous parler de son expérience de l’Instruction en Famille.

C’est pouvoir être dans l’écoute avec ses enfants

Il est évident que nous pouvons être dans l’écoute active avec nos enfants même (et surtout) s’ils vont à l’école.

Cependant, le fait d’être ensemble lorsque la frustration, la colère, la joie, l’excitation apparaît permet de la laisser se vivre dans l’instant présent.

Cela devient donc un apprentissage à part entière.

C’est l’opportunité d’apprendre à nommer ses émotions, de voir qu’elles font partie de nous.

On laisse ainsi la possibilité à l’enfant de s’accepter tel qu’il est.

Il peut voir aussi la puissance de l’amour inconditionnel.

À l’école, les adultes peuvent ne pas avoir le temps d’accueillir une émotion.

Il y a bien souvent d’autres élèves qui attendent.

Elle peut être vue comme négative.

L’enfant va avoir alors tendance à la réprimer, car il pensera que c’est mal de se sentir comme ça.

Si ça se passe en ta présence, il t’est alors possible de mettre des mots dessus, de l’accompagner, d’apprendre à ton enfant comment vivre ses émotions, sans qu’elles prennent le dessus sur lui.

Prenons par exemple la frustration.

Lorsqu’elle se manifeste, si déjà elle est nommée, identifiée, l’enfant se sentira reconnu, « normal », comme ayant le droit de ressentir cette émotion.

Il la vivra et pourra passer ainsi à autre chose sans l’avoir étouffée et se la « trainer » jusqu’à la prochaine manifestation, du coup plus intense.

Dans notre famille, apprendre à exprimer ses émotions, à les gérer sans se faire du mal aux uns et aux autres est un des apprentissages les plus importants.

Pourtant ce n’est pas dans le programme !

C’est pouvoir leur transmettre nos valeurs

Le fait de vivre ensemble permet en effet de mieux transmettre les valeurs qui nous semblent les plus importantes, et ça, même de façon inconsciente.

Par exemple, ton enfant te verra dans les relations sociales, il verra la façon dont tu respectes autrui ou la façon dont tu prends soin des autres…

D’autres choses peuvent te paraître importantes.

Ce qui compte, il me semble, c’est que ça soit vécu au quotidien, dans toutes les situations.

C’est ce que j’apprécie dans le fait d’avoir les enfants avec nous.

J’ai l’impression d’aller vers une écologie responsable.

Nous parlons de ça vraiment très souvent, car c’est une problématique qui nous incombe chaque jour.

C’est une souplesse dans l’organisation du quotidien

Le temps est une notion qui revient très souvent lorsqu’on parle de non-scolarisation.

Nous pouvons enfin prendre…

  • Le temps de se réveiller
  • Le temps de petit-déjeuner
  • Le temps de répondre à toutes les questions
  • Le temps de faire à manger
  • Le temps de faire ses lacets
  • Le temps de jouer
  • Le temps de se câliner, de se consoler
  • Le temps de s’attarder chez les amis qu’on apprécie
  • Le temps de sortir tous les jours
  • Le temps de faire son jardin
  • Le temps de s’ennuyer, rêvasser
  • Le temps de lire

La liste est longue, tu as compris le principe : le temps de vivre, tout simplement !

Cela permet également l’improvisation, le changement de plan au dernier moment.

Nous pouvons enfin saisir les opportunités qui se présentent sans se dire : « ah non, demain il y a l’école, tu n’as pas fait tes devoirs, le bain, ton piano… »

Le fait de faire les repas ensemble, de s’occuper du jardin ensemble, d’entretenir une maison ensemble, même de faire les courses en famille, sont autant d’apprentissages potentiels.

En participant à tout ça, les enfants peuvent alors faire des expériences scientifiques, du langage, des mathématiques, de l’écriture, de la lecture et encore tant d’autres choses !

Le fait de prendre le temps et d’être beaucoup plus souple dans l’organisation de son quotidien permet aussi de faire des économies.

On prépare beaucoup plus (les repas, des conserves), on invente, on bricole, on répare, on part en vacances lorsqu’on voit l’opportunité de garder une maison ou de se joindre à des amis…

La vie prend alors une autre saveur !

C’est créer des liens de confiance et de complicité

Lorsque la famille décide de se lancer dans l’aventure, c’est d’abord se faire confiance, en tant que parents.

Il faut s’adapter à une nouvelle vie, être capable d’aller vers l’inconnu, sortir de sa zone de confort.

Souvent, c’est aussi aller à l’encontre de ce qu’on a connu, à l’encontre de sa culture.

La plupart d’entre nous n’avons connu que l’école.

Ce n’est pas facile de prendre en main quelque chose d’inconnu, ça peut faire peur.

J’ai été institutrice pendant six ans.

Je suis donc allée longtemps à l’école !

J’ai décidé de me faire confiance et surtout de faire confiance à mes enfants.

Nous sommes donc en unschooling (tous les apprentissages sont libres).

Et bien, je peux t’assurer que je ne suis pas la plus facile à déscolariser, malgré mes convictions qui se sont construites avec le temps.

Il y a mes doutes qui refont surface régulièrement.

Mon formatage (ma formation) a encore son emprise sur moi.

Mais mes enfants me montrent chaque jour que nous sommes sur la bonne voie et que je peux leur faire confiance !

Du coup, le fait de se faire confiance en tant que parents et de leur faire confiance, dans le sens avoir confiance dans leurs capacités, permet de tisser un lien mutuel fort, un lien de complicité, de gratitude, de confiance…

Et aussi leur permettre de voir qu’on peut être libre de ses choix

En instruction en famille, quelle que soit la pédagogie choisie, il existe obligatoirement une certaine souplesse dans les choix de sujets d’apprentissages.

Même pour les familles désireuses de suivre le programme de l’éducation nationale, il reste beaucoup de temps pour suivre les intérêts des enfants, de se laisser porter par une rencontre, une découverte.

Nous ne sommes plus chacun dans notre petite vie respective, nous partageons de grands moments de vie commune.

Nous sommes donc plus libres de faire des choix.

Nous choisissons telle pédagogie ou telle autre ou au contraire aucune pédagogie définie.

En tant que parents, nous choisissons d’adapter notre quotidien ou de le modifier pour coller au mieux à notre idéal de vie, à nos valeurs.

Nous sommes libres de partir en vacances hors périodes scolaires.

Nous sommes libres de nous lever à l’heure choisie…

Le fait de se montrer libres de certains choix est une façon de leur transmettre cette liberté.

Personnellement, j’ai choisi de démissionner de l’éducation nationale, de devenir bergère, de travailler moins (ça j’en suis pas sûre tous les jours !), de gagner moins, de partager un maximum ma vie avec ceux que j’aime…

Et ça, personne n’a pu m’en empêcher.

J’ai pris MA liberté, toute personnelle soit-elle !

Mon fils a le choix, chaque année, d’aller à l’école ou de rester avec nous.

Pour l’instant, il choisit de continuer avec nous.

Ma fille est libre de se coucher lorsqu’elle est fatiguée, de manger lorsqu’elle a faim, de se couvrir lorsqu’elle a froid…

La vie est faite de choix dont nous sommes responsables pour nous-même.

« La liberté est le droit que la nature a donné à tout homme de disposer de soi, à sa volonté. »

Adolphe d’Houdetot

C’est voir grandir ses enfants

Tu te souviens de l’émerveillement lorsque ton enfant se lâche enfin et fait ses premiers pas ou encore lorsqu’il commence à parler ?

Et bien, lorsque tu es au côté de tes enfants quotidiennement, l’émerveillement continue pour chaque nouvel apprentissage comme l’apprentissage de la lecture (d’autant plus s’il apprend seul, c’est tout simplement magique !) ou encore celui d’une langue vivante.

Ce matin, ma fille, trois ans, a fait une tarte seule, du début à la fin, sauf la mise au four.

Elle a pris la farine, le mélange eau/huile (que je lui ai préparé), elle a mélangé avec ses petites mains.

Ensuite, elle est allée chercher le rouleau, a étalé la pâte, a pris un plat, a choisi l’ingrédient à mettre dedans (que du gruyère, plein de gruyère !)

Sans rien que je lui dise, sans que je l’aide.

Elle a même eu l’initiative de la faire seule !

Et bien, je peux te dire que je n’étais pas peu fière d’elle !

La preuve, je t’en parle ici !

Ça m’a procuré une grande joie de la voir si autonome.

Elle a enregistré toutes les étapes, je trouve ça génial.

C’est avoir des relations horizontales avec ses enfants

Dans le contexte familial, nous pouvons imaginer changer de paradigme et éviter la relation dominant/dominé.

C’est presque une condition préalable à des relations saines et détendues.

Être en IEF veut dire avoir ses enfants très souvent avec soi.

Si les relations sont d’ordre vertical, c’est à dire dominant/dominé, c’est fatigant, usant.

Vous êtes les parents, les enfants chercheront à se rebeller plus facilement qu’avec d’autres adultes et ça devient vite ingérable pour tout le monde.

La bienveillance, l’écoute et la place de chaque membre de la famille deviennent des facteurs très importants, à mettre en place en priorité.

Tout le monde y gagne en qualité de vie, je t’assure.

Les valeurs sur la famille prennent alors tout leur sens.

À consommer sans modération !

C’est une vie sociale choisie, saine et non subie

Contrairement à une salle de classe où les copains ne sont pas choisis, la vie sans école permet de choisir ses relations.

Elle permet de choisir également la fréquence de celles-ci.

Ça en résulte une vie sociale beaucoup plus saine, en accord avec nos envies et dispositions.

Ça permet d’être plus authentique, vrai et d’apprécier ces moments d’échange choisis.

S’ouvrir au monde (réel et non théorique)

Le fait d’épargner l’enfant de la ségrégation enfant/adulte lui permet d’échanger avec des personnes de tout âge.

Je sais que mes enfants apprécient particulièrement de discuter avec des personnes âgées.

Elles sont disponibles, souvent attentives.

Et l’expérience de la vie fait souvent qu’elles ont de multiples savoirs à partager.

Lorsque mes enfants m’accompagnent au quotidien, ça arrive qu’on leur demande : « alors, vous n’êtes pas à l’école aujourd’hui ? »

Et là, c’est parti pour une grande discussion !

Mon fils adore parler, du coup il ne manque pas de sauter sur l’occasion !

Les adultes sont surpris mais ils apprécient d’apprendre des choses de la bouche des enfants.

Lorsqu’ils sont en alpage avec nous, ils courent au-devant des promeneurs pour passer un moment à discuter, pour le plus grand plaisir de tous.

Ils font vraiment partie de notre vie, de la vie en général, et n’ont aucun mal à s’ouvrir au monde qui les entoure.

Comprendre les codes de la vie sociale

C’est comme ça que les enfants comprennent le mieux les codes de la vie sociale.

Ils sont en contact avec des personnes de tous horizons et apprennent au fur et à mesure comment notre monde fonctionne, comment les relations s’organisent.

Pour tous les domaines je pense que c’est évident que la pratique est bien plus instructive que la théorie.

Une qualité de vie

En conclusion, je pense que nous pouvons résumer l’instruction en famille de cette façon : ça permet une meilleure qualité de vie.

L’extérieur comme salle de classe, nous en avons tous rêvé, n’est-ce pas ?

Respecter le cycle naturel (se lever avec le soleil), bien dormir, bien manger, ne pas rester assis d’interminables heures, bouger à sa guise, développer sa créativité et sa joie au quotidien….

C’est sûr, ce n’est pas facile de s’imaginer bousculer son quotidien, ses croyances, sa culture, affronter le jugement d’autrui…

Mais garde dans un petit coin de ta tête que si c’est un rêve qui t’attire, alors il est possible, tout est une question de choix !

« La sagesse c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit. »

Oscar Wilde

Si tu veux aller plus loin, tu trouveras un article sur les clés du succès de l’Instruction en Famille ainsi qu’un autre sur les questions pratiques et légales de l’Instruction en Famille.

Merci encore à Marion du blog Les Enfants Avenir pour ce beau témoignage ! Et n’oublie pas de visiter la 1ère partie de son article sur l’instruction en famille !

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1 COMMENTAIRE

  1. Merci Coline et Rémy de m’avoir permis de m’exprimer sur votre blog !
    Je suis à votre disposition, chers lecteurs, pour répondre à d’éventuelles questions…
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